Les arts et la créativité pour l'épanouissement
Cet article est proposé librement, avec le soutien de la maison d’édition et de culture suisse Mardès, ainsi que de Marlena’s Home, où se rejoignent raffinement et bien-être.
La couleur, le souffle, et l'autre
L'art nous touche là où les mots n'arrivent plus à agir. L'art comme thérapie nous aide mais l'art-thérapie conduite par un professionnel formé, ouvre un espace clinique tout autre qui nous emmène à nous transcender. Dans ce reportage Musarthis en parle.
ART DU BIEN-ÊTREREPORTAGES
Musarthis Team
3/10/20264 min temps de lecture


La pratique créative, un soin du quotidien
Nous connaissons tous cet endroit en nous où les mots s'arrêtent. Pas par manque de vocabulaire — par insuffisance du langage lui-même face à ce qui nous traverse. C'est là que l'art entre. La main qui trace sans savoir où elle va, la voix qui pose une note dans le silence, le corps qui cherche un mouvement juste : autant de gestes qui atteignent ce que la parole ne peut pas saisir.
Une femme qui reprend l'aquarelle après vingt ans d'absence, un homme qui tient un carnet de croquis dans le train, une adolescente qui compose des playlists pour traverser ses chagrins : tous touchent, à leur manière, quelque chose d'essentiel. La pratique créative régulière apaise, restaure, redonne accès à des ressources enfouies sous la fatigue et le bruit du monde. Les neurosciences le confirment aujourd'hui : l'acte créatif engage simultanément la perception sensorielle, la cognition, la mémoire et la régulation émotionnelle. Les travaux de Strang (2024), publiés dans Frontiers in Psychology, montrent que créer mobilise des réseaux neuronaux complexes qui sous-tendent à la fois le ressenti, le sens et la capacité à imaginer. Ce que nous ressentions intuitivement, la science le documente. Créer nous fait du bien — profondément, biologiquement, durablement.
C'est précisément ce que Musarthis explore et célèbre : l'art comme chemin vers soi, accessible à chacun, sans hiérarchie entre les disciplines ni jugement sur le niveau. Ce qui compte, c'est que le geste ait lieu. Ce qui compte, c'est ce qu'il dépose en nous.
L'art-thérapie, une autre profondeur
L'art-thérapie conduite par un professionnel formé ouvre un espace d'une tout autre nature. Dans cet espace, l'art cesse d'être un simple refuge — sous la présence attentive d'un thérapeute, il agit comme vecteur de transformation en profondeur. En France et en Suisse, les cursus universitaires ou spécialisés durent plusieurs années. Ce temps de formation n'est pas une formalité : il prépare à tenir un espace où les personnes osent se confronter à ce qu'elles portent de plus lourd.
Ce que l'art-thérapeute lit dans le geste — la couleur choisie, la pression du crayon, la façon d'occuper ou de fuir l'espace — nourrit une compréhension clinique que seule cette formation permet. La séance n'est pas un atelier. La relation n'est pas une animation. Ce qui s'y joue touche à la constitution même de la personne.
Natalie Rogers, pionnière nord-américaine de la thérapie par les arts expressifs, l'a formulé avec précision : « Le processus créatif est en lui-même guérissant. Bien que le produit de l'expression créative fournisse des messages importants à l'individu, c'est le processus de création qui est profondément transformateur. » Ce que Rogers désigne ici ne s'improvise pas : accompagner un tel processus vers la transformation demande une présence clinique, une formation, une éthique.
Un enfant qui ne parle pas de son trauma trouvera peut-être dans l'argile un langage que les mots lui refusent encore. Une personne âgée atteinte de troubles cognitifs retrouvera parfois, le temps d'une mélodie au piano, un fil avec elle-même que la maladie avait rompu. Dans ces deux instants, quelque chose se dépasse. La personne touche, l'espace d'un geste, à une part d'elle-même qu'elle croyait perdue. C'est cela, la transcendance que l'art-thérapie peut offrir — et cela exige une présence formée pour l'accueillir sans la briser.
Nommer les choses avec justesse
Confondre les deux nuit à tout le monde. Aux art-thérapeutes d'abord, dont la formation exigeante mérite d'être reconnue et protégée — en Suisse, la profession cherche encore une reconnaissance légale complète, et chaque amalgame retarde ce combat. Aux personnes en souffrance ensuite, qui pourraient croire qu'un atelier de peinture suffit là où un accompagnement professionnel s'impose.
La confusion naît souvent d'une bonne intention : valoriser l'art, lui reconnaître une puissance que le monde contemporain lui dénie trop facilement. Musarthis partage cette conviction. C'est précisément pour cela qu'il tient à nommer les choses avec justesse — parce que l'art mérite mieux que d'être réduit à un outil, et que les personnes en souffrance méritent d'être orientées vers ce qui peut véritablement les rejoindre.
Peindre un dimanche, écrire dans un carnet, chanter sous la douche : ces gestes nous portent. Lorsque la souffrance est plus profonde, lorsque les mots ont depuis longtemps cessé d'agir, l'art a besoin d'un passeur formé pour nous emmener là où nous ne savions pas qu'il était possible d'aller.
Références
Strang, C. E. (2024). Art therapy and neuroscience: evidence, limits, and myths. Frontiers in Psychology, 15, 1484481. doi: 10.3389/fpsyg.2024.1484481
Malchiodi, C. A. (2020). Trauma and Expressive Arts Therapy: Brain, Body, and Imagination in the Healing Process. New York : Guilford Press.
Pénzes, I., Engelbert, R., et al. (2023). The influence of art material and instruction during art making on brain activity: a quantitative EEG study. Arts in Psychotherapy, 83, 102024.
Rogers, N. (1993). The Creative Connection: Expressive Arts as Healing. Palo Alto : Science and Behavior Books.
Evers, A. (2023). Le grand livre de l'art-thérapie : panser ses blessures, libérer ses émotions et sa capacité à créer (4e éd.). Paris : Eyrolles.
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