Les arts et la créativité pour l'épanouissement

Cet article est proposé librement, avec le soutien de la maison d’édition et de culture suisse Mardès, de la maison suisse RENIDIS, ainsi que de Marlena’s Code, où se rejoignent raffinement et bien-être.

La Poecaris : le Parfum

Le parfum ouvre dans le jour une alcôve invisible. Entre souffle, peau, mémoire et sillage, il accorde le corps à une beauté plus secrète. Dans le monde de la Poecaris, la fragrance porte une part de ciel contre soi : une liturgie intime, une élégance de l’air, une manière souveraine de poétiser la vie.

ART DE VIVRE

Marlena Des

7/8/20264 min temps de lecture

Dans une fiole scellée sommeillait un royaume.

Le matin venu, une main libéra le souffle. Les roses, les bois, les ambres et les épices quittèrent leur silence. L’invisible monta vers la peau, fin et souverain, comme une légende apprise par les anciens jardins.

Ainsi commence parfois le parfum : une brume minuscule ouvre une alcôve.

Sous le regard de la Poecaris, le parfum relève d’un art intime : choisir l’atmosphère que l’on laisse autour de soi, accorder le corps à une sensation, confier au jour une empreinte que l’œil ne possède pas.

Une fragrance inscrit une allure dans le sillage. Elle avance avant les mots, revient après le geste, demeure parfois dans un foulard, sur une manche, dans une pièce encore tiède. Le parfum appartient aux arts de l’impalpable : il touche sans matière visible, enveloppe sans tissu, signe sans encre.

Le matin, ce geste peut tenir en peu de chose. Une salle de bain encore fraîche. Une fenêtre entrouverte. Une chemise posée sur une chaise. Le flacon choisi avant de sortir. Rien d’extraordinaire en apparence, pourtant le jour reçoit déjà une direction.

Dans la vie ordinaire, le geste semble minuscule. Ouvrir un flacon. Vaporiser la nuque. Effleurer un poignet. Laisser la peau répondre. Pourtant, ce geste prépare une traversée. Le corps porte une chambre secrète autour de lui.

La Poecaris reconnaît cette puissance des gestes choisis. Elle accueille ce qui donne à la vie une densité plus fine : un rituel, une couleur, une musique, une phrase, une lumière, un parfum. La fragrance rejoint alors les arts capables d’élever le quotidien par une sensation précise.

Le néroli peut allumer une clarté presque solaire. Le santal pose une gravité douce sur le mouvement. La rose profonde garde le souvenir d’un amour ancien. L’ambre réchauffe la peau comme une braise basse. L’encens ouvre une hauteur intérieure. Les muscs rapprochent le souffle du corps.

Porter un parfum, c’est parfois appeler une part de soi que l’on souhaite honorer. Une audace calme. Une tendresse gardée. Une mélancolie noble. Une sensualité choisie. Une joie revenue de loin. Le parfum garde sa part de secret. Il confie au sillage ce que la bouche retient encore.

Il reste aussi dans les lieux après le passage du corps. Sur l’écharpe oubliée près de l’entrée. Dans un manteau suspendu. Sur un oreiller, parfois. Le parfum prolonge les instants sans les retenir. Il laisse au réel une trace douce, presque fidèle.

Dans le monde de la Poecaris, le parfum rejoint les arts de la vie poétique. Il accompagne la marche, l’attente, le dîner, la lecture, la solitude, le retour après la pluie. Une fragrance peut changer la couleur d’un matin, donner au silence une douceur plus profonde, faire d’un geste répété une cérémonie discrète.

Le parfum poétise le quotidien parce qu’il donne une tenue à l’invisible. Il fait du sillage une étoffe, du corps une demeure, du souvenir une lumière mouvante. La journée reçoit alors une légende minuscule, posée contre la peau, liée au souffle, confiée à l’âme.

Ainsi, le parfum rejoint la Poecaris dans son art le plus subtil : inscrire la beauté dans les gestes répétés, jusqu’à ce que l’existence ordinaire respire avec plus de grâce.

Per fumum, anima cantat.

Par le parfum, l’âme chante.

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