Les arts et la créativité pour poétiser le quotidien

Cet article est proposé librement, avec le soutien de la maison d’édition et de culture suisse Mardès, de la maison suisse RENIDIS, ainsi que de Marlena’s Code, où se rejoignent raffinement et bien-être.
La marche comme soin
La marche semble être un exercice quelconque cependant elle peut revêtir la fonction de soin.
ART DE VIVRE
Musarthis Team
8/1/20265 min temps de lecture
Déambuler près des rives du lac à Zurich, en contemplant les petits bateaux, jeter le regard au loin et poursuivre son chemin au rythme de l’eau. Les pas se succèdent tandis que les montagnes dessinent l’horizon. Le corps avance, la respiration s’accorde au mouvement et les pensées retrouvent une circulation plus paisible.
La marche ouvre un espace de respiration dans la journée. Elle offre un temps pour observer, éprouver un paysage et s’éloigner momentanément de ce qui encombre l’esprit. Près du lac, le déplacement du corps rencontre celui de l’eau, des embarcations et de la lumière. Un trajet ordinaire peut alors dévoiler des découvertes poétiques.
Marcher prend ainsi la forme d’un soin quotidien, actif et vivant. Celui-ci réside autant dans le mouvement que dans l’attention portée à ce qui entoure la personne : une ligne montagneuse, le passage d’un bateau, le bruissement de l’eau ou la transformation du ciel. La distance parcourue et la vitesse perdent leur centralité. Le rythme du pas, la contemplation et la liberté de cheminer composent une autre manière de prendre soin de l’être.
La marche au service de la santé mentale
Cette expérience poétique trouve un prolongement dans les recherches scientifiques récentes. En 2024, la revue systématique et méta-analyse de Xu et al., publiée dans JMIR Public Health and Surveillance, réunit 75 essais randomisés. Les résultats montrent que différentes formes de marche peuvent atténuer les symptômes dépressifs et anxieux.
La marche mobilise le corps tout en donnant une direction à l’attention. Elle peut interrompre la répétition des pensées, alléger la charge mentale et inscrire un rythme régulier dans une période intérieurement agitée.
Le lieu parcouru participe pleinement à l’expérience. La revue systématique de Ma et al., publiée dans Current Psychology, examine les effets des marches pratiquées dans des espaces naturels. Les travaux rassemblés associent ces promenades à une amélioration de l’humeur, de l’optimisme et du bien-être mental, ainsi qu’à un apaisement du stress, de l’anxiété et des ruminations.
Les rives du lac de Zurich réunissent plusieurs de ces éléments : le mouvement physique, la lumière extérieure, l’ouverture du champ visuel et la proximité de l’eau. La promenade lacustre associe l’activité corporelle à une contemplation qui nourrit autant le regard que l’esprit.
Une activité qui soutient l’être
En 2025, Ding et al. publient dans The Lancet Public Health une revue systématique et méta-analyse portant sur 57 études et plus de 160 000 adultes. Leurs résultats associent l’augmentation du nombre quotidien de pas à une meilleure santé cardiovasculaire et métabolique, à une mortalité plus faible ainsi qu’à des risques moins élevés de démence, de symptômes dépressifs et de chute.
L’étude met notamment en évidence des bénéfices importants autour de 7 000 pas par jour par rapport à une activité très faible. Ce nombre constitue un repère issu de populations étudiées, sans représenter une mesure universelle du soin. Quelques pas supplémentaires peuvent déjà enrichir une journée lorsque le point de départ est l’inactivité. La marche s’accorde aux capacités, à la santé et à l’histoire corporelle de la personne qui la pratique.
Son intérêt repose également sur sa continuité. Marcher régulièrement accompagne la circulation sanguine, le fonctionnement cardiorespiratoire, la mobilité et l’équilibre. Le soin s’inscrit alors dans la répétition d’un mouvement simple, modulable et profondément humain.
Marcher pour accompagner le cerveau
En 2025, Yau et al. publient dans Nature Medicine les résultats de la Harvard Aging Brain Study. Leur analyse porte sur 296 adultes sans trouble cognitif, suivi·es pendant plusieurs années. Chez les personnes présentant une accumulation élevée de bêta-amyloïde, une activité physique quotidienne plus importante est associée à une progression plus lente de la protéine tau ainsi qu’à un déclin cognitif et fonctionnel moins rapide.
La marche accompagne ainsi le cerveau autant que le corps. Elle stimule la circulation, entretient l’autonomie et engage l’attention dans un environnement continuellement renouvelé. Le chemin parcouru sollicite l’orientation, l’observation et l’adaptation, tandis que le paysage offre à l’esprit une matière nouvelle.
Le soin en mouvement
Marcher ne demande pas de conquérir un sommet ni de transformer la promenade en performance. Quelques kilomètres le long du lac, une traversée de la ville ou un détour choisi dans un trajet habituel peuvent modifier le rapport au temps, au corps et à l’environnement.
À Zurich, les rives offrent un chemin où la ville dialogue avec l’eau. Les bateaux passent, le regard voyage au-delà du rivage et le pas retrouve sa cadence. Les études confirment les bienfaits physiques, psychiques et cognitifs de cette activité, mais les chiffres n’épuisent jamais ce qui se vit en marchant.
Dans la Poecaris, la marche prend soin parce qu’elle permet de poétiser le quotidien. Elle unit le mouvement, le paysage et l’attention accordée à l’existence. Elle rappelle que le soin peut aussi commencer par un pas, puis un autre, au bord de l’eau.
Ding, D., Nguyen, B., Nau, T., Luo, M., Del Pozo Cruz, B., Dempsey, P. C., Munn, Z., Jefferis, B. J., Sherrington, C., Calleja, E. A., Chong, K. H., Davis, R., Francois, M. E., Tiedemann, A., Biddle, S. J. H., Okely, A., Bauman, A., Ekelund, U., Clare, P., & Owen, K. (2025). Daily steps and health outcomes in adults: A systematic review and dose-response meta-analysis. The Lancet Public Health, 10(8), e668–e681.
Ma, J., Lin, P., & Williams, J. (2024). Effectiveness of nature-based walking interventions in improving mental health in adults: A systematic review. Current Psychology, 43, 9521–9539.
Xu, Z., Zheng, X., Ding, H., Zhang, D., Cheung, P. M.-H., Yang, Z., Tam, K. W., Zhou, W., Chan, D. C.-C., Wang, W., & Wong, S. Y.-S. (2024). The effect of walking on depressive and anxiety symptoms: Systematic review and meta-analysis. JMIR Public Health and Surveillance, 10, e48355.
Yau, W.-Y. W., Kirn, D. R., Rabin, J. S., Properzi, M. J., Schultz, A. P., Shirzadi, Z., Palmgren, K., Matos, P., Maa, C., Pruzin, J. J., Schultz, S. A., Buckley, R. F., Rentz, D. M., Johnson, K. A., Sperling, R. A., & Chhatwal, J. P. (2025). Physical activity as a modifiable risk factor in preclinical Alzheimer’s disease. Nature Medicine, 31(12), 4075–4083.
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