Les arts et la créativité pour poétiser le quotidien

Cet article est proposé librement, avec le soutien de la maison d’édition et de culture suisse Mardès, de la maison suisse RENIDIS, ainsi que de Marlena’s Code, où se rejoignent raffinement et bien-être.
Lecture d'automne
Notre sélection de lectures d'automne comme instants poétiques
ART DE VIVRE
Musarthis Team
8/12/20264 min temps de lecture
Assise devant la cheminée en ces jours qui raccourcissent de plus en plus, alors que l’automne sonne à nos portes et que revient le temps des infusions poétiques, une lecture réconfortante offre bien davantage qu’une parenthèse. Le crépitement du feu, une tasse encore chaude, quelques pages choisies avec soin : la saison invite à retrouver ces plaisirs qui donnent à la vie une saveur particulière.
Certains livres possèdent cette faculté rare de nous envelopper de chaleur réconfortante. Les années passent, les époques s’éloignent, les sociétés changent, mais leurs pages conservent leur pouvoir d’émerveillement. Elles parlent de liberté, de beauté, de curiosité, d’amour, de nature, de plaisir ou de mélancolie et rappellent combien la littérature sait raviver le regard porté sur l’existence.
Lire ou relire ces ouvrages singuliers appartient pleinement aux actes de la Poecaris : accorder aux arts une place dans la vie, cultiver l’émerveillement et laisser la création poétique nourrir le quotidien.
E. M. Forster : Avec vue sur l’Arno
Florence ouvre les fenêtres.
Publié en 1908, Avec vue sur l’Arno entraîne Lucy Honeychurch dans une Italie qui ébranle les conventions auxquelles son milieu anglais l’a habituée. Entre les paysages florentins, la musique, le désir, les règles sociales et l’appel d’une existence plus libre, E. M. Forster interroge ce qui sépare une vie conforme d’une vie véritablement choisie.
Le titre lui-même contient presque tout : une chambre peut enfermer ou offrir une vue. Regarder au-delà des murs constitue déjà une disposition intérieure.
Forster ne célèbre donc pas seulement l’amour ou l’Italie. La beauté, l’art, les rencontres et le déplacement du regard donnent à son récit son élan. Lire ce roman en automne, lorsque les journées se resserrent, invite paradoxalement à ouvrir les fenêtres.
Yasunari Kawabata : Pays de neige
Avec Yasunari Kawabata, l’émerveillement emprunte une voie contemplative.
La neige, les montagnes, la lumière, les saisons et les détails les plus infimes occupent une place essentielle dans Pays de neige. La beauté y côtoie l’impermanence, le désir et la mélancolie.
Cette association lui donne sa force.
Chez Kawabata, le paysage n’accompagne pas simplement le récit. Il participe à la manière dont les êtres perçoivent le temps, les relations et ce qui leur échappe. Un reflet dans une vitre, la blancheur d’un paysage ou une lumière suffisent parfois à suspendre la lecture.
À l’approche de l’hiver, Pays de neige rappelle que l’émerveillement peut naître de cette attention accordée à ce qui passe.
Wole Soyinka : Aké, les années d’enfance
Au Nigeria, Wole Soyinka retrouve le monde depuis la hauteur d’un enfant.
Dans Aké, les années d’enfance, les sons, les odeurs, les livres, les croyances, les découvertes, les bêtises et les interrogations composent un univers extraordinairement vivant. Soyinka raconte son enfance avec humour, vivacité et une remarquable attention à ce qui l’entoure.
L’émerveillement prend alors la forme de la curiosité.
L’enfant observe les adultes, rencontre plusieurs traditions, expérimente, questionne, imagine. Le quotidien conserve le pouvoir d’étonner parce que rien n’y semble définitivement banal.
Relire Aké à l’âge adulte rappelle cette aptitude précieuse : regarder longuement, interroger ce qui paraît familier et laisser une odeur, un lieu, une histoire ou une rencontre ouvrir tout un monde.
La Poecaris trouve aussi sa source dans cette curiosité-là.
Jorge Amado : Gabriela, girofle et cannelle
À Ilhéus, en 1925, le cacao enrichit la ville tandis que les anciennes conventions résistent aux transformations sociales.
C’est dans ce monde en mouvement que Jorge Amado fait entrer Gabriela. Cuisinière indépendante, profondément attachée à sa liberté, elle échappe aux cadres que les autres voudraient lui imposer. Sa manière d’être met à l’épreuve les attentes sociales, les rapports amoureux et les règles d’un milieu encore fortement codifié.
Autour d’elle, Amado fait vivre une ville entière : les cuisines, les cafés, les conversations, les ambitions économiques, les plaisirs de la table et les mutations d’une société.
L’émerveillement s’inscrit alors dans une existence pleinement habitée : savourer, rire, aimer, choisir et préserver sa liberté.
La Poecaris n’habite pas uniquement les bibliothèques. Elle trouve aussi sa place autour d’une table.
Alors que l’automne gagne les fenêtres et que la cheminée reprend son office, ouvrir ou rouvrir l’un de ces intemporels suffit parfois à modifier la couleur d’une soirée.
Une infusion poétique. Quelques pages. Le feu.
Et la Poecaris retrouve le quotidien.
Omnia Pro Vita Poetica.
Mardès, maison d’édition, de culture et de transmission
Mardès est une maison inclusive et moderne qui publie des recueils, des essais, des magazines et des ouvrages liés aux arts de vivre. Elle conçoit aussi des événements culturels et artistiques, porteurs de réflexion et de partage.
Sa mission est double : éditer et transmettre. Transmettre la poésie, la pensée et les gestes du quotidien qui facilitent l’existence et enrichissent la sensibilité.
Grâce à son soutien, plusieurs contenus de Musarthis demeurent librement accessibles, affirmant une vision généreuse et élégante de la culture.









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